GeForce GTX 280 : détails et premiers essais du GT200
Rédigé par le 16 juin 2008
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Basiquement, on serait tenté de croire à la vue de ses caractéristiques générales, que le GT200 est, grosso modo, une sorte de double G92 en une seule puce. Un simple 2-en-1, « SLi attitude » sur un même morceau de silicium histoire d'enfoncer la concurrence sur le haut de gamme.

GTX 280

La nouvelle recette de NVIDIA : G92 + G92 = GT200 ?

En effet, on passe de 128 unités de shaders (ou « processing Cores », le nom à la nouvelle mode) à 240, de 16 à 32 ROPs et de 256 bits d'interface mémoire à 512 bits. Les unités de filtrages, elles, passent de 64 à 80, NVIDIA ayant décidé d'augmenter de manière plus significative les unités de calcul, par rapport à la capacité de filtrage afin de mieux coller aux besoins des jeux, nous affirme-t-on.

De plus, si la puce supporte toujours DirectX 10 et OpenGL 2.1, il n'est toujours pas question de DirectX 10.1, pourtant supporté par AMD depuis le lancement des Radeon HD 3k. Un fait qui laisse penser que le fonctionnement des unités n'a pas été modifié en profondeur, de quoi donner des arguments à ceux qui évoquent une puce 2 en 1.


Mais heureusement, le caméléon avait d'autres projets. En effet, dans le cahier des charges de l'équipe de développement, on peut voir qu'en plus de la volonté de doubler les performances, et de revoir la « balance » entre les différentes unités, d'autres points étaient au programme.

Des modifications avec CUDA et la physique en ligne de mire avant tout

Tout d'abord, l'architecture devait être pensée pour CUDA (pour BadaBOOM et Folding ?) ainsi que la physique, et devait donc être améliorée dans ce sens. Ainsi, lorsqu'il fonctionne comme une puce de calcul, le GT200 dispose d'un arbitreur de thread, qui alimentera l'architecture qui reste de type SIMT, comme depuis le G80.

GTX 280 GTX 280
GTX 280

Celui-ci est chargé de dispatcher les tâches au travers de dix coeurs, contenant chacun trois grappes. Chacune de ces grappes dispose désormais de huit unités de calcul qui peuvent communiquer entre elles via un cache local de 16 Ko.

Les grappes, elles, disposeront toutes d'un cache L1 qui leur permettra, lui aussi, d'échanger des données. Des caches, déjà présents depuis le G80, mais une organisation qui diffère légèrement et se veut un peu plus efficace.

Le caméléon passe la seconde avec la double précision et règle certains des problèmes qui datent du G80

Côté efficacité justement, NVIDIA a annoncé que le fameux souci de la co-issue avait été réglé, et que désormais une instruction MAD pouvait être effectuée par cycle sur chaque unité, alors qu'une seconde instruction MUL pourra être gérée par l'unité de calcul arithmétique, de quoi approcher une efficacité de 94% de la valeur théorique, qui se monte tout de même à 933 GFlops... on a frôlé le TeraFlop.

Pour ce qui est des calculs qui nécessitent une grande précision, NVIDIA a décidé qu'une unité de chacune des grappes serait capable de gérer la double précision, ce qui devrait ravir les scientifiques qui se penchent sur l'API CUDA. Ainsi, dans ce mode, NVIDIA revendique une puissance de calcul de 90 GFlops, soit l'équivalent d'un Xeon doté de huit coeurs.

GTX 280 L'efficacité par watts et par mm² était aussi au centre des volontés du constructeur. Ainsi, si cette puce monstrueuse contient pas moins de 1.4 milliard de transistors, soit près du double du G92 qui en comportait 754 millions (86% de plus, donc) sa taille n'est « que » de 576 mm², soit un surplus de 78% par rapport aux 324 mm² de son prédécesseur.

Une puce, complète, énorme... monstrueuse ! Vivement la version 55 nm ?

Une taille qui ne doit pas être sans incidence sur le prix de la puce, qui semble être pour l'instant trop complexe pour que NVIDIA ait pu passer au 55 nm avec l'aide de TSMC, qui utilise donc toujours le 65 nm.

Heureusement, d'après certaines rumeurs, le « die shrink » du GT200, le GT200b, serait plus ou moins finalisé, et pourrait arriver dès la rentrée... afin de faire baisser les tarifs ?

La consommation enfin au centre des préoccupations de NVIDIA. Le FPS / Watts au repos, le concept de l'année !

Pour ce qui est de la consommation, en plus de la possibilité d'exploiter la fonction Hybrid Power, introduite récemment avec les nForce 700a, NVIDIA a décidé (enfin !) de revoir sa politique quant à la consommation de ses cartes au repos.

Certainement inspiré par le « Power Play » d'AMD, a l'efficacité éprouvée, le caméléon a donc décidé de réduire la consommation de sa puce à 25 watts lorsqu'elle n'est pas utilisée et à 35 watts lorsque les fonctionnalités Pure Video HD sont sollicitées, alors qu'elle peut consommer jusqu'à 236 watts lorsqu'elle est complètement sollicitée.

Pour la petite histoire, afin de mettre ceci en valeur, NVIDIA avait même décidé de présenter à la presse un graphique des plus hilarants avec un nouveau concept que seul le marketing pouvait inventer... la comparaison par FPS / Watts au repos... ou comment tenter de faire oublier que son produit est un gouffre de consommation.